Carnet

Turkménistan

Carnet de voyage au Turkménistan
Vendredi 23 septembre
Les moteurs tournent à plein régime, l’avion s’élève doucement. Je réalise enfin que je suis en vacance. Mes trois mois de stage chez un broker en ligne sont finis ainsi que les problématiques du style : "pensez vous que le CAC 40 va atteindre les 7 OOO points ?", je vais enfin pouvoir quitter la grisaille et le stresse de la vie urbaine.
Hé bien ça y est, dans quelques heures je poserais le pied sur cette terre inconnue. J’ai presque le sentiment d’être un pionnier, un Neil Amstrong des temps moderne. Je potasse avec intérêt le Lonely Planet en me disant qu’il serai temps qu’on nous file à bouffer par ce que là j’ai grave la dalle.
Le Turkménistan c’est un peu plus petit que la France avec la population des quartiers ouest de Bombay (5 millions d’habitants). Le pays vie essentiellement de l’exploitation du gaz, du coton et du poil de yack avec lequel ils font de charmants chaussons colorés.
Première escale chez nos amis Allemand à Frankfurt. J’erre longuement dans les couloirs interminables de l’aéroport jusqu’à la porte 65. Deuxième décollage. Je lis régulièrement sur les visages des passagers "mais qu’est ce que peut bien aller foutre un jeune petit blanc au Turkménistan" je me pose aussi un peu la question…
23 h 50 en heure locale, je pose avec émotion mes pieds sur le tarmaque de l’aéroport, " c est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour le tourisme local".
Déjà un quart d’heure que l’on roule et je n’ai pas encore vu une voiture, nous avançons rapidement sur de longues avenues désertiques. On croise le palais présidentiel construit par Bouygues et quelques autres monuments assez kitsch. Au bout de l’avenue se dresse une sorte de tour qui ressemble fortement à un gigantesque débouche WC. Les portes s’ouvrent, nous sommes arrivés.

Samedi 24 septembre
Je me réveil péniblement, j’ai encore du mal à réaliser où je suis. Je quitte avec fatalisme mon grand lit pour un petit déjeuné à base d’un légume non identifié macéré dans du vinaigre.

Première visite d’un petit marché couvert puis errance jusqu’à la tour de l’indépendance, d’un esthétisme trouble et dominé par une statue de 12 mètres de haut du président Niazof.
Je ne peux m’empêcher de décrire le l'oeuvre d'art située 20 mètres plus loin. Un immense taureau portant sur sa tête un globe terrestre fissuré afin de symboliser le grand tremblement de terre qu’a connu le pays en 1947. De ce globe se dresse une femme (la mère du président), les bras tendus vers le ciel, entre ses mains se trouvent le président bébé.
Pause déjeuné dans un des multiples hôtels de la ville. Repas : chachlique de mouton et sorte de lassi (un peu comme du Yop, mais en meilleur) au fines herbes. Très bon tout ça mais quand même assez gras. Ensuite visite du plus grand centre commercial de la ville (Ympaç).

Dimanche 25 septembre
Debout aux aurores pour aller visiter le marché aux puces Tolkouchka, situé en périphérie de la ville. C’est un des plus grand marché d’Asie central. Que dire du marché si ce n’est que s’est blindé de monde, on y trouvait les fameux chaussons en poil de yack, des chapeaux en poil de chèvre et des chapkas en poil de renard. Egalement de nombreuses médailles de l’ère communiste à l’effigie de Staline et de multiple tapis et textilles locaux.

Lundi 26 septembre
J’erre dans les rues et parcs quasi désert. Après le déjeuné, j’ai visité un des nombreux monument construit ses dernières années. Au rez-de-chaussée, il y a un centre commercial avec une dizaine de boutiques peu fréquentés. Je suis au bar du dernier étage à siroter un coca en admirant la ville, ils viennent de passer une chanson française, et dire que je suis à 10 000 bornes de chez moi pour entendre du Migraine Farmer.

Mardi 27 septembre
Dodo jusqu’à une heure. J’ai passé ma journée à écrire un e-mail au centre commercial Ympaç. Il m’a fallu déjà plus de 25 minutes pour me connecter à internet.

Mercredi 28 septembre
Je suis allé à pied au musée national, je me suis aperçu avec stupeur une fois là bas que les étrangers doivent payer en dollars or je n’avais pas de dollars. Bref après de multiples péripéties, je fini par rentrer. Je suis quasiment tout seul dans ce gigantesque dédale de marbres et de dorures. Le musée est très interrensant et consacrée essentiellement à l'histoire du pays et à sa culture millènaire.

Jeudi 29 septembre
On va bientôt aller à Turkmenbashi, la deuxième ville du pays situé au bord de la mer Caspienne. J’ai visité la tour de l’indépendance d’où j’ai pu admirer la vue sur le palais présidentiel et sur la répétition du défilé militaire de la fête nationale qui aura lieu le 10 Octobre. Il y avait 2 000 hommes marchant au pas, au son des tambours, dans de superbes uniformes.

Vendredi 30 septembre
J’ai erré dans les innombrables parcs à la recherche de la dernière statue de Lénine encore debout dans le pays. Cette statue à tout de même survécu au tremblement de terre de 1947 (qui à détruit la ville et tué les deux tiers de la population) mais également à la chute du communisme. Sur le chemin j’ai entendu avec stupeur et effroi le tube de Notre Dame de Paris : Belle.
Ensuite j’ai visité sans réel enthousiasme le musée du tapis, j’ai donc beaucoup appris sur le tapis Turkmène de l’antiquité à nos jours, mais je ne suis pas persuadé que ça me serve à grand chose. Peu après j’ai fait un peu de bowling à Ympaç (un petit 131 points tout de même).

Samedi 1 octobre
Arrivé à 10 h à l’aéroport direction Turkmenbashi. Après une heure d’attente nous nous retrouvons sur le tarmaque à attendre de rentrer par la trappe arrière d’un avion Russe peu fréquentable (un Jak 20) dont la fiabilité me laisse interrogatif. Moyennement rassuré je monte dans l’avion en me disant : « heu … !, l’huile qui gouttait sous l’aile droite, c’est normal ou pas ? ? ? » …

Nous nous installons sur de vieux fauteuils pleins de trous. Ca doit bien faire une bonne 60 ne de fois que je prends l’avion et pour la première fois, je ressent tout de même une certaine appréhension à l’instant où la carcasse grinçante de l’avion s’élève.
A peine une heure plus tard, notre Jak 20 se pose sans trop de problèmes, nous sommes dans la deuxième ville du pays : Turkmenbashi. C’est une ville industrielle de 50 000 habitants située au bord de la mer Caspienne au milieu de nul part, dans un paysage lunaire.
Nous sommes allés visiter la ville qui à un intêret touristique relatif. Cette cote est ammené à devenir la « riviera Turkmène » c'est pour cela que de nombreux hôtels fleurissent un peu partout. Il est vrai que le bord de mer est dans l'ensemble relativement sauvage et attractif.
Le soir à l’apéritif, il y avait du caviar à volonté, et dire que ça vaut facilement 10 000 F le Kg en France et 20 $ ici, faut quand même reconnaitre que c’est tres bon, surtout avec un petit verre de vodka bien frais.

Dimanche 2 octobre
Clôture des Jeux Olympiques aujourd’hui; bilan français plutôt bon, on est sixième derrière les US, la Russie, la Chine, l’Australie et l’Allemagne (qui nous est passé devant il y a trois jours). J’ai toujours pas compris le pétage de plomb spectaculaire de Marie José Perec. Un grand moment quand j’ai vu Midnight Oil jouer Beds are Burning à la cérémonie de clôture. Sinon il pleut et il doit faire 5 °, donc c’est pas trop la fête et c’est pour cela que je scotch devant la télé. Grand moment de la journée : le repas composé de succulentes écrevisses.

Lundi 3 octobre
Enfin il fait beau. J’ai marché sur la plage de long en large et croisé environ une dizaine de serpents, quelques écrevisses mortes et un phoque. Retour à Achgabat, le Jak 20 a tenu le coup à ma grande joie.

Mardi 4 octobre
Après le déjeuné, je suis retourné me promener pour la quatrième fois dans le centre ville. Nouvelle visite du Rusky bazar où j’ai acheté une bouteille de vodka avec l’effigie du président et de magnifique chaussons. Là je suis depuis 2 h en haut du la tour de l'indépendance. En face de moi, le World Trade Center avec ses quatres étages avec ses deux posters géants du président.
Bon je suis toujours en haut de la tour entrain d’écrire mon journal en sirotant un coca et j’aperçois les trois premier touristes français (et touristes tout court d’ailleurs) depuis mon arrivée.

Mercredi 5 octobre
Journée de bowling au centre commercial Ympaç, j’étais pas loin de battre le record du Turkménistan qui est de 160 points

Jeudi 6 octobre
Courses et glande au Russky bazar.

Vendredi 7 octobre
Nous sommes allés à la plus grande mosquée du pays (construite par Bouygues) en banlieue de la ville puis voir la tombe du David Crocket local qui à tenu tête aux armés Russes en 1881.

On a continué notre promenade pour se rendre à Nissa, une ancienne ville fortifié dont il ne reste que quelques ruines et qui était une des principales ville de passage de la route de la soie.
Le soir j’ai savouré mes derniers instant dans ce pays charmant et méconnu, avant que l’on ne parte pour l’aéroport. Alors que je buvais un coka à la cafétéria après de longue heures d’attente, je me suis dis « hé mais au fait, j’ai pas vérifié mon heure d’embarquement ! ! ! ». Il était 2 h du mat, l’embarquement était à 1h40. J’ai speedé comme un fou jusqu’à l’avion me faisant probablement engueuler en Russe au passage par un peu tout le monde, mais l’hôtesse de la Luftansa s’est contenté de me dire « ah ! at last », bref j’étais pas très fier… mais quand même heureux de retrouver la civilisation.

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