Carnet

Chine

4 Carnets de voyages en Chine
Adieu tonton Ho, bonjour Mao; Pékin; Le mausolée de Mao; X'ian par David en 2002
Adieu tonton Ho, bonjour Mao

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons quitté Hanoi et le Vietnam par un beau matin de Novembre. Pendant que nos motos taxis franchissaient le pont sur la rivière rouge nous n’avons pu nous empêcher d’avoir un petit pincement au coeur en laissant derrière nous les buildings crasseux de la capitale. J’ai passe quasiment 2 mois au Vietnam et Pauline un, on commençait à se sentir chez nous ! Enfin, les voyages sont un éternel adieu.
Donc, après les motos taxis, nous avons eu l`occasion de goûter une dernière fois au charme des minibus collectifs vietnamiens, ceux qui tournent pendant 2 heures autour du même paté de maison pour rabattre des clients et ne partir que lorsqu’ils sont pleins! C`est un peu exaspérant, surtout quand on est les premiers, mais ça aussi on s`y était habitué !
N’ayant pas pu avoir de place dans le train Hanoi-Pekin, il nous fallait passer la frontière par nos propres moyens et tenter de devancer le train en question du coté chinois ou nous supposions qu’ils allaient raccrocher des wagons, mais sans certitude aucune. Au pire, si ça ne marchait pas, on n’aurait plus que 2500 Kms à se taper, une broutille!
Je vous passe les détails, disons que après le premier minibus, nous en avons repris un autre, puis à nouveau quelques motos, qu’on s’est trompé de poste frontière, qu’on a marché en plein soleil avec nos gros sacs, qu’on s’est un peu fait arnaquer, qu’on est revenu en arrière mais sur le coup de 3 heures, après quelques kilos en moins et plus un seul Dong en poche, nous vîmes enfin se profiler devant nous le tant attendu drapeau rouge à 5 étoiles (4 de plus qu`au Vietnam, ça fait déjà plus sérieux!).
Coté chinois, même topo, on change juste de monnaie, ici c’est le Yuan que l’on divise en Fenn qui se divisent à nouveau en Jiao. Inutile de vous dire que le Jiao ne vaut pas grand chose. Quelques taxis et motos plus tard, nous voici arrivés dans une petite gare paumée en pleine campagne, répondant au doux nom de Pingxiang. Le train de Hanoi étant sensé s’arrêter là en pleine nuit il ne nous restait plus qu’à essayer de faire comprendre au chef de gare local que nous cherchions à monter dedans. Et là, c’était pas gagné. On m’avait prévenu que les chinois ne parlaient pas un mot d`anglais, mais je ne pensais pas qu’il fallait le prendre au pied de la lettre. N’étant pas encore parfaitement au point en mandarin, il nous fut assez difficile de faire partager à ce sympathique fonctionnaire nos préoccupations ferroviaires.
Apres 2 heures de mimes et de gesticulations verbales, aidés tout de même d’un petit phrase book Lonely Planet mandarin-english, nous comprenons que le train doit passer vers 4 heures du mat, il ne nous restait plus qu’à prendre notre mal en patience, d’autant que la gare fermait pour ne rouvrir ses portes qu’à 8 heures du soir.
Nous étions tous les deux complètement paumés en pleine campagne condamné à attendre un hypothétique convoi au milieu de la nuit dans lequel nous n’étions même pas surs de pouvoir monter, inutile de dire qu’on en menait pas large !
Au bout de quelques heures interminables assis sur 2 fauteuils dans la salle des chefs de gare, ils avaient eu pitié de nous, le train tant désire s’arrête effectivement et un fonctionnaire endormis en sort se dirigeant vers nous qui attendions sur le quai désert. Il nous invite à le suivre et nous montons enfin dans le train pour Pékin avec la sensation d’avoir déjoué toutes les barrières que le sort avait mis sur notre chemin.
Soulagés mais épuises nous avons eu la surprise de découvrir un train ultra moderne avec des écrans de télés sur les murs, des couchettes impeccables et confortables, une insonorisation parfaite et des toilettes rutilantes c’est à dire l’exact contraire de ce à quoi nous nous attendions. On dit toujours que ce sont les premières impressions qui comptent et bien le moins qu’on puisse dire c’est que les notre furent extrêmement positives.
24 heures plus tard nous avons vu se profiler à l’horizon les immenses banlieues dortoirs de la capitale impériale, des Kms et des Kms de barres en béton dans le plus pur style "Courneuve post 68", des néons multicolores ventant des pubs pour Mac Donald ou Coca Cola et des échangeurs autoroutiers gigantesques comme il ne doit même pas y en avoir aux USA. Le choc a été assez rude!
A peine débarqué de la gare nous avons pris en pleine face cette citée tentaculaire et fourmillante de circulation, de centre commerciaux géants, d’avenues immenses. La moindre rue à Pékin fait 2 fois la largeur d’une autoroute française et il y a des banques absolument tout le long, je n’en ai jamais vu une telle concentration! Dire que je pensais tomber dans un des derniers bastions du communisme pur et dur, en réalité ça ressemble beaucoup plus à Las Vegas qu’à Moscou.
Les yeux éblouis par tant de lumière et de clinquant nous sommes allés tranquillement nous coucher en nous disant que ce beau décor de cinéma devait bien cacher quelques chose de moins rose. C`est ce qu`il nous reste à découvrir....

Pékin

Pékin, cité légendaire ou les maîtres de l’empire du milieu veillaient jadis a la préservation des liens qui liaient les hommes aux dieux du ciel. Pékin, phare de l’Orient tu illumina le monde de ton savoir millénaire. Pékin, tes ruelles ombragées baignées des senteurs d’acacias , tes enfants qui inondent de leurs rires les jardins de la cite interdite en faisant flotter à tout vent leurs cerf-volant multicolores que protège jalousement la grande muraille!... Pékin....
STOP
Tes Mac Do et tes centres commerciaux géants que même le carrefour de Parly 2 c’est une petite épicerie de quartier à coté. Tes autoroutes à trois étages qu’on sait même plus si on est en voiture ou en avion. Tes flics si nombreux que même Sarkosy aurait peur de traverser en dehors des clous.
Bon, entre le mythe et la réalité on a parfois des surprise, mais là je dois dire que la différence fut assez sévère. C’est pas laid, mais c’est très diffèrent de ce qu’on voit à la télé (Ah, ces journalistes ils ne nous racontent que des bêtises !).Ou sont les milliers de vélos paisibles qui inondent les avenues des les premières heures du jours? Ou sont les petits quartiers populaires au toits en forme de pagode et les petits vieux avec leurs casquettes Mao.
Ce qui frappe a première vue c’est plutôt la foret de buildings ultra modernes qui s’étale le long d’avenues gigantesques. Pas un papier gras sur les trottoirs, ou sont-ils ces chinois que l’on m’avait décris comme sales et crachant partout? Et puis des banques, des banques et encore des banques...Jamais je n’en ai vu autant. China Construction Bank, Bank of China, Agricultural Bank of China etc, etc. A tous les coins de rues, installées dans des tours de verres rutilantes. C’est peut-être ça le visage de la Chine moderne. Ca expliquerait beaucoup de chose.
Il y a de l’argent ici, beaucoup d’argent, il pleut de l’argent sur le pave pékinois. On s’est trompe de pays, on est arrive directement en Suisse. Et puis non, il y a quelque chose qui cloche. Des flics, des flics et encore des flics et derrière chaque flic il y a un militaire et derrière chaque militaire il y a un milicien et derrière chaque milicien un membre du parti...Ca n’est pas New-York, seulement l’apparence. Une enveloppe suintante de dollars dégoulinants mais fermement tenue par une poigne de fer. Tout s’explique. Les JO, l’adhésion à l`OMC. Fermons les yeux!
Tien An Men. Le portrait géant du grand timonier est bien là, lui, fièrement accroche au fronton de la cite interdite. Regardant de son œil paternel l’immense place, il garde son mausolée en face dans un jeu de miroir magnifique, digne reflet de sa mégalomanie subtilement entretenue par ses successeurs. Cherche-t-il du regard les milliers d’étudiants restes sous les chenilles des chars de son Armée de "Libération" Populaire? Non, sans doute, comme beaucoup de chinois il ne sait pas ce qui s’est passe ici au printemps 1989 ou plutôt il croit à la version officielle: "un complot anti-revolutionnaire qui a lâchement attaque l’armée", il aurait pu l’écrire celle la!
Et puis il y a les Hutongs. Ces petites ruelles crasseuses aux maisons sans étages, pas d’eau, pas d’égout, pas de chauffage, les vitres ferment mal, alors tout doit disparaître ! Pékin doit être la vitrine du 21 eme siècle. On ne veut plus que du moderne, les JO arrivent il faut faire vite. Vite, exproprier a coup de bulldozer les petits vieux rescapés du "grand bon en avant" et de la "révolution culturelle". 70 ans qu’ils fument leurs clopes sur le pas de la porte, c’est intolérable! Les reloger à 20 kms en banlieue au 40 eme étage d’une tour sans âme. De quoi se plaignent-ils, ils auront un bel appartement moderne, le chauffage, l’eau courante peut-être même une télévision, quelle chance! De toute façon personne ne se plaint, les chinois sont perpétuellement heureux , ils nagent dans un bonheur béat! La télé l’affirme à longueur de journée, alors il faut la croire.
Et reprend la valse des grues et des betonneuses. Oh, il en reste bien des Hutongs, propres et repeints fraîchement. Des cyclo-pousse y baladent les touristes qui trouvent ca charmant! Ils s’arrêtent dans les boutiques "d’antiquités". On y trouve en vrac: des vases Ming "authentiques" à 50 dollars, des estampes chinoises d’époque, des briquets Mao qui font de la musique et le petit livre rouge dans toutes les langues. Oui, j’en ai acheté un, en français, et j’arrive pas a le lire c’est trop indigeste, mais je m’accroche! J’ai bien le droit d’être un touriste aussi !
Et puis il y a la cite interdite. Frêle esquif de grâce au milieu d’une mer de béton. Un concentre de beauté à l’état brut. La Chine des cartes postales. Dieu que c’est beau! Tous ces pavillons rouges qui s’alignent les uns derrières les autres, avec leurs toits incurves finement ciselés. Et ces noms charges de poésie : Pavillons de L’harmonie suprême, de l’harmonie parfaite, céleste. La beauté est la. Il en reste un peu encore. Et le palais d’été, sublime ! Ultime refuge de l’impératrice Cixi.Brule par nos soins en 1860 avec nos copains anglais, et reconstruit depuis, à l’identique.
Et enfin, a quelques kms de Pékin: la grande muraille. 6000 kms de long, le plus grand édifice jamais construit par l’homme, tellement grande qu’on la verrait de la lune, parait-il. Commencée en ... -700 av JC, ca force le respect! A l’époque nos ancêtres élevaient vaguement quelques moutons au fond de leur foret. Long serpent épousant les lignes de crête, à perte de vue. Une paroi verticale ? Pas de problème on construit verticalement. Suivre le relief, coûte que coûte, ne jamais le contourner. L’empire du milieu vaut bien cette défense. On oublies vite les télécabines et les cars de touristes, et puis en plein Novembre il fait un froid de canard, ca limite les rencontres, et la lumière est sublime !
Nous avons passe 10 jours à Pékin, 10 jours partagés entre l’émerveillement et l’affliction. L’étonnement de trouver une ville vraiment différente, bien loin des cliches. Reste a savoir ce que cela augure pour la suite de nos découvertes. En tout cas une chose est sure, c’est maintenant qu’il faut visiter Pékin. Dans quelques années, seuls les amateurs de buildings en verre risquent d’y trouver leur compte.
A bon entendeur, salut !

Le mausolée de Mao

Continuant ma grande tournée internationale des régimes totalitaires, je ne pouvais pas quitter Pékin sans un petit tour au mausolée de Mao. Faisant fi des remontrances de Pauline ( "Tu vas quand même pas filer 10 balles à un dictateur"), je met ma bonne conscience de coté et décide de traverser la place Tien An Men pour aller payer mon tribu au grand homme, d`autant plus que c’est gratuit.
Il faut dire qu`avec ses 45 millions de morts ( 30 selon la police, 60 selon les organisateurs ) l’animal vaut le déplacement. Un tel score mérite à lui tout seul le pèlerinage. Peu d'homme peuvent se targuer de s’être attaqué aux problèmes de la surpopulation avec autant de passion et d’efficacité.
Je me dirige donc vers le magnifique mausolée de style post-stalinien, pre-kroutchevien composé uniquement de matériau nobles, béton et marbre (c'est pas un peu bourgeois ?). Une énorme queue serpente rapidement au pied du monument, on m'avait prévenu que la visite se faisait au pas de course.
Des flics en civils encadrent gentiment la file d'attente à coup de mégaphone, hurlant des ordres incompréhensibles pour nous, mais qui ne souffrent pas de la moindre ambiguïté au vu de l’efficacité qu'ils ont sur les chinois, tout le monde avance !
Premier problème, les sacs. Impossible de pénétrer dans le lieu saint avec. Il faut donc les déposer à la consigne spécialement prévue à cet effet. Comme les trois quarts des gens sont des touristes ils ont tous un sac donc la même file d'attente recommence devant la consigne et là c'est bien évidemment payant, 10 yuans !
Apres avoir déposé nos bagages et certifié qu'ils ne contenaient rien d'illicite ( du genre appareil photo ) nous repartons vers la file d'attente principale nous mêler au flot des pèlerins chinois. C'est assez émouvant de voir cette foule immense, dont certains semblent être venus de très loin, se diriger respectueusement vers la dernière demeure du grand timonier. Il faut dire qu'on leur présente Mao comme un dieu depuis leurs plus tendre enfance et que les journaux et la télévision sont là pour rappeler perpétuellement ses oeuvres, ceci expliquant sans doute cela.
Un peu avant de monter les marches qui pénètrent dans le saint des saints, notre file passe devant une guérite ou l'on vend des fleurs. Beaucoup de chinois se détachent alors de la queue pour y acheter un magnifique bouquet de fleurs en plastique homologuées par le parti, en profitant au passage pour réintégrer la queue beaucoup plus loin en aval, mais ca c'est habituel, ca ne nous choque même plus.
Nous attaquons enfin les marches qui mènent au mausolée. En haut se trouve encore une militaire qui hurle dans un mégaphone. Les chinois semblent tous s’arrêter à son niveau. Elle leur tend un petit prospectus qui vante la beauté du mausolée et la vie du grand homme. En réalité elle leur vend le prospectus, il n'y a pas de petits profits ! prétextant ne pas comprendre le chinois nous refusons poliment l'achat obligatoire et franchement ca nous arrange bien.
Nous pénétrons enfin dans le bâtiment par une entrée monumentale au fond de laquelle trône une immense statue de Mao assis sur un fauteuil. "As-tu acheté ton petit prospectus ?" semble-t-il nous dire de son oeil mi-paternel, mi-inquisiteur. Comme pour lui répondre et lui témoigner leur amour spontané devant les militaires qui surveillent, les chinois déposent ici leur petit bouquet en plastique.
Commence alors un curieux manège. De grands bacs à roulettes sont amenés aux pieds de la statue afin de recueillir les synthétiques offrandes. Les bacs se remplissent très vite. De nouveaux bacs vides viennent alors remplacer les pleins qui repartent illico-presto devinez ou ?... vers la guérite dehors ou l'on vend les fleurs. Les offrandes en circuit fermé c'est bien plus pratique et ca fait rentrer plus de sous dans les caisses, il fallait y penser!
Un peu honteux d’être si peu respectueux nous nous esquivons, rapidement entraînés par le flot des chinois, impatient d'aller voir le vrai en chair et en os dans la pièce de derrière. Contournant la statue nous pénétrons dans le long couloir menant au cercueil du pharaon rouge.
Le silence est ici de rigueur. Quelques flics, sans mégaphone, veillent à ce que le courant des visiteurs ne s’arrête pas et c'est en quelques secondes à peine que l'on peut timidement jeter une oeuillade à la momie du grand timonier allongée dans un cercueil de verre, lui même protégé derrière de grandes vitres pare-balles. Etonnant ce luxe de précaution pour un homme si adoré !
Ce qui frappe à première vue, c'est que l'homme n'a visiblement pas manqué de riz pendant le grand bon en avant. Malgré les efforts des embaumeurs pour dissimuler les rondeurs bourgeoises, il arbore fièrement une belle bedaine rebondie solennellement drapée dans un magnifique drapeau rouge estampille d'une faucille et d'un marteau. Le visage figé par la mort garde un léger sourire apaisé, comme s'il avait quitté le monde pleinement satisfait de ses oeuvres. Son teint parfaitement bronzé lui donne un faux air d'Enrico Macias revenant d'une tournée triomphale en Algérie.
Bref, cette momie bien portante semble vouloir nous adresser un dernier message solennel par delà le néant: "Je vous ai bien eu !" Bouleversé par la puissance politique du message nous nous laissons emporter rapidement par le flot des pèlerins et nous retrouvons dans la salle suivante en moins de temps qu'il en faut pour le dire.
Nous sommes un peu déconcerté par le manque de solennité de l'endroit. Ce n'est pas que nous tenions absolument à dire une petite prière mais on s’aperçoit que la rentabilité semble primer sur l’émotion. Il faut visiblement qu'un maximum de "clients" puisse passer dans la journée.
En réalité, le pire nous attend dans la salle suivante. Nous débarquons dans un véritable supermarché Mao. Tous les gadgets possibles et imaginables y sont déclinés à l'effigie du grand timonier. Des briquets clignotants, des jeux de cartes, des montres avec le bras de Mao qui bas les secondes. Ou encore, des services à thé, des posters et d'innombrables photos toutes plus retouchées les unes que les autres. Les chinois se précipitent pour acheter leur petit souvenir.
On se croirait à Lourdes, c'est tout simplement hallucinant ! En fait je comprends mieux pourquoi il y a toujours deux militaires à coté de la momie: c'est pour la remettre droit car elle doit passer la journée à se retourner.
Un peu désabusés nous nous dirigeons vers la sortie ou le bel ordonnancement de l’entrée à laissé la place au chaos le plus absolu. Apparemment dès qu'il n'y à plus de flics, le chinois reprend son activité favorite: le bordel !
Mais après tout si même le grand timonier se met à faire du commerce qui en voudra au chinois moyen de se laisser un peu aller.
Tout fout le camp, je l'avais bien dit !

X'ian

Apres une petite dizaine de jours passés à Pékin nous nous décidons à quitter la cité millénaire pour aller se faire rôtir au soleil du grand sud. Direction X'ian (prononcez "chianne") 1500 kms plus bas, une petite nuit de train et on en parle plus.
X'ian petite ville de province (seulement 6 millions d'habitants) mérite notre attention pour plusieurs raisons. D'abord elle a gardé intacts tous ses remparts, ce qui en Chine constitue un petit miracle au vu de la mégalomanie destructrice qui caractérise tout bon maire chinois. Les historiens se perdent en conjecture pour savoir à quel bon génie on doit cette sauvegarde car d'habitude les murs d’enceinte terminent rapidement en boulevard périphérique. Sans doute un oubli dans le plan quinquennal. Le bon vieux mur s’étend donc encore sur plus de 10 kms de circonférence autour de la vieille ville, avec des tours dans les coins, des portes et tout et tout. Bref, la parfaite panoplie qui sied à toute muraille digne de ce nom. Les chinois ne savent pas faire le café, alors ils se rattrapent en faisant des grand murs.
Ensuite, X'ian possède un quartier musulman, ce qui constitue également un petit miracle vu qu'ici les fils d’Allah ont une furieuse tendance à finir comme des tibétains. Ils doivent peut-être leur survie au fait qu’ils sont des Hui, c`est à dire une ethnie d’origine chinoise qui s’est convertie à l’islam je ne sais plus trop quand, grâce à je ne sais plus trop qui, pour je ne sais plus trop quoi.
Donc X'ian possède des boucheries hallal, des femmes voilées et une mosquée en forme de pagode ce qui est assez unique, vous en conviendrez. Pour ceux qui souhaitent des précisions sur les communautés musulmanes en Chine allez voir la rubrique "Ouighours du Xinjiang" au chapitre "peuples opprimés dont on parle jamais parce que c’est pas tendance" juste après la page "Tibet" .
Enfin dernière raison et pas des moindre, c`est ici que se trouve la fameuse armée enterrée de terre cuite ou plutôt "terracotta warriors" comme on dit en chinois. Tout le monde à au moins vu une fois des images de ces milliers de statues grandeur nature rangées en ordre de bataille avec armes, chevaux et tout le reste.
Petit rappel historique : Un jour un jeune roi s’embête ferme dans son palais. Il décide d'aller guerroyer aux limites de son royaume histoire de passer le temps. Apres quelques années et beaucoup de massacres il unifie toutes les provinces conquises et devient ainsi le premier empereur de Chine. Assez fier de son résultat et ayant une haute opinion de lui-même il se dit qu'un homme tel que lui ne peut pas être enterre comme le commun des mortels, c’est d'ailleurs ce qui caractérise les empereurs en général. Donc il décide de se faire construire un magnifique tombeau. On construit un tumulus géant sous lequel on recrée tout un petit paradis .Des tonnes d'or et de bijoux y sont entassées et on y construit même un lac sous-terrain rempli de mercure sur lequel flottera le cercueil du défunt. Pour surveiller tout ca on décide de récréer toute son armée grandeur nature en soldats de terre cuite, que l’on dispose sous terre tout autour du tumulus. Chaque soldat a un visage différent et tous les corps d’armée son recrées à l’identique.
Un chantier gigantesque, digne de la grande muraille ! L'empereur meurt, on referme tout et passent les années et l'oubli jusqu’à un beau jour de 1974 ou un paysan qui creusait un puit dans le coin remonte une tête, puis un bras, mettant a jour ce qui constitue sans doute une des merveilles du monde.
Heureusement l'Unesco est passé par là, ce qui a certainement évité que le site soit transforme en aéroport ou en supermarché et aujourd'hui un millier de ces soldats ont étés dégagés de la terre et protégés. On estime qu`il en resterait certainement encore 6 ou 7000 sous terre.
Quid du tumulus de l'empereur me direz vous? Et bien il est toujours là et n'a semble-t-il jamais été visite. On y détecte d'ailleurs un taux anormalement élevé de mercure, ce qui fait que personne n'a trop envie d'aller y jeter un coup d’œil dans l’immédiat. Une chose est sure c'est que le coin risque donc de recruter des archéologues pour encore pas mal d’année. Avis aux amateurs !
C'est donc, les yeux remplis de ces nouvelles merveilles que nous avons repris notre route 3 jours plus tard, toujours plus vers le sud, fuyant toujours le grand froid pékinois qui s’était mis a notre chasse.
Prochaine étape : Chongquing, pour un petit tour sur le Yangtse kiang.

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